Comment choisir sa buse pour réussir sa pulvérisation ?

Ce qu’il faut savoir sur la pulvérisation

La pulvérisation est l’action de transformer par fractionnement, un volume d’eau (la bouillie) en un nombre de gouttelettes spécifiques et de les transporter sur la cible. Ainsi, choisir sa buse de pulvérisation ne doit rien au hasard. Ce choix influence directement l’efficacité et le coût des traitements. Une buse inadaptée entraîne des pertes, une couverture insuffisante ou une dérive excessive. À l’inverse, un modèle bien choisi optimise la répartition et réduit le gaspillage. Que ce soit pour des cultures fragiles nécessitant une application précise ou pour traiter de grandes surfaces, il est essentiel de bien comprendre les types de buses et leur usage.

Pulvérisation agricole : les clés pour une application efficace et sans risque

Les caractéristiques d’une pulvérisation réussie

Pulvérisateur
  • Une quantité optimale de produit sur la cible
  • Des tailles de gouttelettes uniformes, adaptées à chaque situation
  • Une répartition homogène sur le support visé
  • Le maximum de gouttelettes sur la cible pour éviter des pertes dans l’environnement (dérive, ruissellement, dessiccation…)

Quelles sont les conditions d’application pour obtenir une pulvérisation réussie ?

G

La température
Elle ne doit pas être trop élevée,  idéalement inférieure à 20 °C environ.

G

Le taux d’hydrométrie
Il doit être idéalement supérieur à 60 %, la rosée peut parfois aussi être un bon allié.

G

Le vent
Il doit être le plus faible possible. En présence de vent modéré, une buse antidérive peut être la solution. La pulvérisation est interdite si la force du vent est supérieur à 19 km/h.

Rosée ou pas rosée ?

Rosée pulvérisation

C’est une précieuse alliée pour une bonne efficacité des PPP (Produit de protection des plantes), surtout des produits à action systémique. En effet, les gouttelettes de rosée sont un vecteur d’hydratation de la cuticule, ce qui favorise la pénétration de ces produits. La rosée permet aussi de maintenir plus longtemps en vie la gouttelette de pulvérisation sous sa forme liquide, ce qui laisse le temps à la matière active d’agir correctement.

Comment préparer sa pulvérisation ?

Déterminer le volume à épandre en fonction du produit à appliquer au stade de la culture

Pour bien préparer sa pulvérisation, il faut d’abord déterminer le volume à épandre en fonction du produit à appliquer. Ce choix est crucial pour sélectionner la buse adaptée. La taille des gouttes influence directement l’efficacité du traitement. Il est donc essentiel de choisir un débit correspondant à l’application souhaitée. Ensuite, il faut vérifier l’état de la buse. Une usure excessive peut altérer la précision de la pulvérisation. Enfin, un bon entretien garantit une répartition homogène et limite les pertes de produit.

S’assurer de la propreté du circuit d’épandage

Un circuit propre garantit une pulvérisation efficace. Il faut d’abord nettoyer les filtres, l’aspiration, la rampe et les buses pour éviter tout colmatage. Ensuite, il est essentiel de bien entretenir les buses. Un rinçage à l’eau claire, un brossage soigné et l’utilisation d’un détartrant préservent leur bon fonctionnement. Un soufflage à l’air comprimé permet d’éliminer les résidus sans risque d’endommagement. Il ne faut jamais utiliser de tige métallique pour déboucher les buses. Enfin, il est important de vérifier l’intégrité des tubulures afin de prévenir toute fuite ou obstruction.

S’assurer du bon étalonnage du pulvérisateur

Il faut contrôler l’étalonnage du pulvérisateur tous les 100 hectares en moyenne. Ce contrôle régulier permet de détecter l’usure des buses et d’assurer une application homogène. Avec le temps, les buses s’abîment et modifient le débit du produit. En vérifiant leur état, on évite une sous-dosage ou un sur-dosage préjudiciable aux cultures. De plus, un bon étalonnage limite le gaspillage et améliore l’efficacité du traitement.

L’importance du recouvrement en phase de pulvérisation

Pour assurer une répartition uniforme, l’angle de la buse conditionne le recouvrement des jets.

En effet, l’angle du jet est le plus souvent de 110° et 80°, parfois 120° ou 65°.

Le triple recouvrement est alors recommandé, et obtenu :

  • Pour les buses à 110° (avec un écartement entre buse de 50 cm), avec une hauteur de rampe entre 50 à 70 cm.
  • Pour les buses à 80° (avec un écartement entre buse de 50 cm), avec une hauteur de rampe entre 80 à 90 cm.

Exemple :

  • Angle du jet 110°
  • Distance entre les buses de 50 cm
  • Hauteur de travail de 50 à 70 cm au-dessus de la culture
Recouvrement optimal

Le choix des buses de pulvérisation

De quoi dépend le choix d’une buse de pulvérisation ?

La buse est l’organe essentiel du pulvérisateur et son choix doit se faire en fonction du produit à épandre, du niveau et du type de la végétation et de la météo. La buse fournit un débit donné pour une pression et elle assure aussi la forme du jet, la répartition, la dimension  et la quantité des gouttelettes. Le jet doit par conséquent permettre le dépôt d’une dose de produit phytosanitaire sur la cible. L’un des critères de la qualité de la pulvérisation est d’avoir une bonne répartition et une homogénéité de la taille des gouttelettes à chaque buse.

Les principaux matériaux des buses de pulvérisation

La buse est le principal maillon pour obtenir une bonne qualité de pulvérisation. C’est ainsi la partie ultime du pulvérisateur qui se trouve en contact avec les PPP. Quel que soit le type de matériaux utilisé, au niveau de l’orifice de la buse, ce dernier s’use dans le temps.

  • La résine : la moins coûteuse, s’use vite et de manière irrégulière.
  • L’inox : présente un bon rapport qualité prix et une usure régulière.
  • La céramique : de haut de gamme, elles ont la meilleure résistance à l’usure, ce sont aussi les plus chères.
Choisir ses buses

Les différents types de buses disponibles sur le marché

La buses à pastille de calibrage

La buse à pastille de calibrage limite la dérive tout en conservant la plage de pression d’utilisation d’une buse à fente classique. Cette buse est à jet plat. Les risques d’obturation et les difficultés de débouchage, lorsque la pastille ne s’enlève pas, limitent son intérêt. La pression d’utilisation est comprise entre 2 et 3,5 bar. Quant à l’angle du jet, il varie de 80° à 110°.

La buse à pastille de calibrage

La buses à injection

Le principe de la buse à injection consiste à charger les gouttes d’eau en air afin de les rendre creuses. Elle produit ainsi des gouttelettes de grosse taille qui limitent la dérive. La pression d’utilisation est en général de 3 bar minimum. Certaines buses nécessitent 5 bar ce qui n’est pas possible avec tous les types de pompe. L’angle du jet est de 100°, 110° ou 120°. Dès lors, il s’agit du système le plus performant : selon les constructeurs, de par l’air qu’elles contiennent, les gouttes éclateraient sur la cible, libérant plusieurs impacts, assurant ainsi une bonne qualité de couverture.

Buse à injection

La buses à turbulence

Avec une buse à turbulence, le liquide sous pression est mis en rotation dans une chambre de turbulence avant de sortir par un orifice circulaire pour former un jet conique. On l’emploie en général pour la pulvérisation de produits phytosanitaires, nécessitant une pulvérisation très fine (fongicides). En raison des pertes par évaporation et par dérive, elle est totalement déconseillée pour  la pulvérisation de produits herbicides à  Elle est alors plutôt utilisée en cultures maraîchères.

Buse à turbulence

La buses à miroir

La buse à miroir comporte un déflecteur lisse qui produit un jet plat de faible épaisseur. Elle est fortement déconseillée pour les produits phytosanitaires en raison d’une mauvaise répartition de la bouillie. Elle est globalement ainsi utilisée pour l’épandage des engrais en suspension.

Buse à miroir

La buses à filet

La buse à filet forme plusieurs jets réguliers pour une pression de 1 à 6 bar, sans engendrer de gouttelettes fines. Elle est ainsi réservée à l’épandage des engrais sur végétation ou sur sol nu.

Les 2 principaux risques liés à l’épandage d’azote liquide sont :

  • Les brûlures : impact visuel, mais pas sur le rendement.
  • Le moutonnement (bande de couleurs différentes dans la parcelle) : suite à une mauvaise répartition de la dose, due entre autre à un sol qui diffuse mal l’engrais. Le moutonnement engendre de légères pertes de rendement..

Il existe plusieurs types de buses à filet (3, 5, 6 ou 7 filets). Certaines sont équipées de chambres de décompression, de manière à éviter la brûlure quand le nombre de filets est important (5, 6 ou 7 filets).

Buse à filet

La buses à fente classique

La buse à fente classique possède un orifice en forme de fente et produit un jet plat souvent appelé « jet pinceau« . Ces buses sont les plus polyvalentes. Elles sont en effet compatibles avec l’application de la majorité des produits phytosanitaires. Par conséquent, c’est la plus utilisée pour les traitements en grande culture :

  • La répartition des gouttelettes permet un recouvrement optimal.
  • Les gouttelettes sont de dimensions assez différentes.
  • La pression de pulvérisation doit être comprise entre 1,5 et 3 bar.
La buse à fente classique

Comment lire une buse de pulvérisation ?

Décoder une buse de pulvérisation

Chaque buse de pulvérisation est marquée d’informations essentielles permettant d’identifier ses caractéristiques et son utilisation optimale. On y retrouve le type de buse, qui définit son mode de pulvérisation, ainsi que l’angle de pulvérisation, exprimé en degrés, déterminant la largeur de la zone couverte. Le débit, quant à lui, est indiqué selon les normes ISO ou européennes et correspond à la quantité de liquide pulvérisée à une pression donnée. Enfin, si la buse existe en plusieurs variantes de matériaux (plastique, céramique, inox, laiton, etc.), cette information est également mentionnée, influençant sa résistance à l’usure et aux produits chimiques.

Comment définir la taille des gouttelettes à pulvériser ?

Prendre en compte certaines conditions d’application

Bien définir la taille des gouttelettes est primordial pour une bonne répartition et une plus grande couverture de la cible. Pour se faire, il est important de :

Connaitre le mode de fonctionnement du PPP

  • Produit systémique
  • Produit de contact
  • Produit racinaire

Connaitre la cible à pulvériser

  • Application au sol (sol nu, chaume, …)
  • Plante cible ( petite, touffue, …)
  • Structure du feuillage( tendre, poilue, …)
  • Orientation du feuillage
  • Densité du feuillage
  • Plante hôte (culture)
  • Insectes

S’adapter aux conditions d’application

  • Conditions météorologiques
  • Traitement de nuit ou pas

La couverture de la cible

Taille des gouttelettes

Les gouttelettes les moins grosses offrent une meilleure couverture sur la cible en augmentant le nombre de points d’impact par unité de surface. Elles favorisent ainsi une répartition plus homogène du produit appliqué, améliorant ainsi son efficacité, notamment pour les traitements nécessitant une couverture fine et uniforme, comme les fongicides ou les insecticides. Cependant, leur légèreté les rend plus sensibles à la dérive sous l’effet du vent et à l’évaporation par temps chaud et sec. Il est donc essentiel d’adapter la pression, le type de buse et les conditions d’application pour maximiser leur efficacité tout en limitant les pertes.

S’adapter aux conditions

Type de produit Taille des gouttes souhaitée Taille moyenne des gouttes (VMD) Préconisations agronomiques
Produit de contact VF
F
< 231 µm Risques de dérive importants, vent minimal et hydrométrie importante
Produit systèmique M
C
VC
231-484 µm Sensibilité moins importante à la dérive et à l’évaporation. Sensibilité au lessivage
Azote liquide XC
UC
> 484 µm Risque très faible de dérive
VF Très fines VMD < 159 μm
F Fines VMD : 159-231 μm
M Moyennes VMD : 232-326 μm
C Grosses VMD : 327-386 μm
VC Très grosses VMD : 387-484 μm
XC Extrêmement grosses VMD : 485-553 μm
UC Ultra grosses VMD > 553 μm

Les buses homologuées ZNT

Les ZNT (Zones de Non Traitement) sont des espaces où le traitement par produit phytosanitaire est interdit.

Ces zones ont donc pour vocation de protéger les espaces sensibles des dérives de produits (cours d’eau, habitations, lieux publics … ). Elles sont matérialisées par une largeur fixe à ne pas franchir , en fonction du type de buses utilisées, on peut réduire la zone.

Zone ZNT
Type de produits ZNT riverains Réductible Ressources
Produits ayant une ZNT riverains Celle indiquée sur
l’étiquette
NON Voir l’étiquette ou la fiche de données de sécurité
Produits comportant une mention de danger H300, H310, H330, H331, H334, H340, H350, H350i, H360, H360F, H360D, H360FD, H360Fd, H360Df, H370, H372, ou perturbateurs endocriniens 20 m NON Voir liste
Produits de biocontrôle (définition), ou constitués de substances de base ou de substances à faible risque qui ne sont pas dans les 2 cas précédents 0 m Pas concernés Voir liste des produits biocontrôle, des produits utilisables en agriculture biologique et des substances de base ; Concerne aussi les produits imposés lors d’une lutte obligatoire
Autres produits (cas des grandes cultures) 5 m OUI, à 3 m sopus
conditions (charte
et équipement
auntidérive reconnu)

Prosulfocarbe : nouvelles restrictions d’usages

Réglementation en vigueur Prosulfocarbe au 1er novembre 2023

À partir du 23 octobre 2024, la réglementation française impose des zones de non traitement (ZNT) spécifiques pour l’utilisation des produits phytosanitaires. Pour les traitements effectués avec une ZNT de 20 mètres sans dispositif homologué, comme une buse standard, il est strictement interdit d’appliquer ces produits en présence de personnes, dans des zones d’habitation ou d’activité. En revanche, lorsque des dispositifs homologués sont utilisés avec une réduction de dérive d’au moins 90%, la ZNT peut être réduite à 10 mètres. De plus, il est crucial de respecter un rayon d’un kilomètre autour des cultures non-cibles avant leur récolte. Cette réglementation vise à garantir la sécurité et la protection de l’environnement en limitant l’exposition aux produits phytosanitaires selon des normes strictes établies par la Note de service DGAL/SDSPV/2024-3 du 23 octobre 2024.

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Cultures fruitières
Pommes, poires

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Cultures légumières
Mâche, épinard, cresson des fontaines, roquette, jeunes pousses

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Cultures médicinale
Artichaut, bardane, cardon, chicorée, piloselle, radis noir, bourgeon de cassis, échinacées, pissenlit, cataire, vigne rouge (feuilles)

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Autres cultures
Sarrasin, quinoa, chia, millet, moha, sorgho

L’EXPERTISE

par Promodis

Le cahier technique de la pulvérisation

Promodis, leader dans le domaine de la distribution agricole, démontre ainsi son engagement envers l’innovation et l’éducation avec son nouveau cahier technique sur la pulvérisation. Puisque ce document est conçu pour vous guider dans le choix optimal de vos buses de pulvérisation, en prenant en compte une multitude de facteurs cruciaux vous pourrez facilement faire le bon choix.

Dès lors, vous retrouverez au sein du réseau Promodis une large gamme de buses ALBUZ, TEEJET, NOZAL ou encore LECHLER. Ces buses garantissent une pulvérisation précise et adaptée à vos besoins.

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